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Zoom artiste : René Magritte ou l’art de jouer avec le réel

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Magritte, le peintre emblématique du surréalisme belge, va faire l’objet d’une rétrospective au Musée de l’Orangerie à partir du 10 février 2021. L’occasion de revenir sur la carrière d’un artiste à la modernité renversante !

Un pionnier surréaliste

René Magritte est né en Belgique en 1898. Rapidement intéressé par la peinture, il s’installe à Bruxelles pour y étudier le dessin après une enfance difficile. D’abord intéressé par le mouvement artistique qui fait rage à l’époque, l’impressionnisme, il s’en détourne rapidement en rencontrant le mouvement dada. Il établit alors le groupe surréaliste de Bruxelles dans les années 1920.

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Les Amants, 1928, @MOMA conservé dans la collection Richard S. Zeisler

Magritte s’installe à Paris en 1927 après avoir fait la connaissance des principaux acteurs du mouvement surréaliste : Dali, Miro ou encore André Breton, il va côtoyer toute l’avant-garde artistique française. Pendant les trois années qu’il va passer à Paris, Magritte développe sa propre version du surréalisme et s’éloigne de ses influences françaises.

Un surréalisme réaliste ?

Contrairement à ses compagnons surréalistes, Magritte n’a pas d’intérêt pour les tribulations de l’esprit et pour la psychanalyse. Ce rejet apparaît nettement dans ses œuvres où il ne recherche pas des créations nouvelles de l’esprit mais un questionnement de la réalité elle-même.

Dans les œuvres de Magritte c’est alors l’absurdité qui règne ! Tout est familier mais légèrement dérangeant : quelque chose cloche toujours dans les œuvres de Magritte. Il nous invite à venir questionner notre environnement direct et à en déceler l’étrangeté.

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La Trahison des images, 1928, conservé au Musée d’Art du comté de Los Angeles

La peinture du rêve

Pendant toute sa carrière Magritte a travaillé à construire un monde onirique où les lois de l’univers sont légèrement détournées. Ce monde est proche du notre, il y ressemble pourtant tout y est étrange. A la manière d’un rêve, tout nous semble familier et pourtant quelque chose ne va pas. Il fait nuit en plein jour dans son tableau l’Empire des lumières : le paradoxe est au fondement des œuvres de l’artiste.

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L’Empire des Lumières, 1953-1954, conservé au MOMA de New York

Magritte c’est également l’art de l’atmosphère. Il est souvent difficile de déceler ce qui met mal à l’aise ou dérange dans ses œuvres. Pourquoi un homme avec une pomme devant la tête est-il si étrange ? Magritte, grâce à sa palette de couleurs légèrement fanées et à ses personnages aux positions trop guindées réussit à confondre le spectateur.

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René Magritte, Le fils de l’homme, 1964, (116 x 89 cm), collection particulière

Magritte, c’est donc toute la subtilité de jouer de la frontière en réalité et étrangeté. Et tout cela n’es pas dénué d’humour. Magritte joue avec son spectateur qui souvent s’amuse des contradictions et de l’ironie cachée derrière ses œuvres.

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Golconde, 1953, conservé au Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles


Plus de 120 ans après la naissance de l’artiste, sa peinture reste donc résolument moderne : son réalisme à l’extrême proche de la photographie rappelle aujourd’hui les œuvres de l’art contemporain qui viennent questionner notre rapport à la société. Les absurdités de Magritte n’ont jamais été aussi actuelles !

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