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Zoom artiste : Miss Tic, une artiste de la cité

Miss Tic

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En apprenant que Miss Tic nous a quitté, Talivera a voulu mettre à l’honneur son parcours artistique.

Figure incontournable de la scène parisienne du Street Art, Miss Tic s’est imposée au milieu des années 80 comme une artiste vagabonde qui a fait des murs son support idéal de création… et de dénonciation. 

Elle participe au développement du graffiti en France, moment fécond du Street Art parisien, avec des figures telles que Jef Aerosol, SP-38, Blek le rat, Epsylon Point ou encore Jérôme Mesnager.

Une poète des temps modernes

Quelques citations de Miss Tic : 

  • A la vie, à l’amor
  • L’abus de plaisir est excellent pour la santé
  • J’ai du vague à l’homme
  • Est-ce que l’homme descend du songe ?
  • L’émoi passe
  • Egérie et j’ai pleuré
  • Je joue, oui
  • Sorcière égarée dans un monde sans magie
  • Je suis dans la lune ne la décrochez pas
  • Je n’ai de maternelle que la langue
  • Pas d’idéaux, juste des idées haute
https://www.artjingle.com/oeuvre/miss-tic/la-poesie-est-un-luxe-de-premiere-necessite/

Radhia Novat porte le pseudonyme de Miss Tic en référence à la sorcière de la Bande à Picsou, série animée de la maison Disney. 

« Je me suis dit d’abord :  ‘Je vais écrire des poèmes’. Puis : ‘Il faut des images’ avec les poèmes. J’ai commencé par des autoportraits, puis j’ai continué vers les autres femmes. » avait-elle déclaré pour expliquer son art.

Des autoportraits aux portraits de femmes, elle accompagne ses pochoirs de légendes incisives, poétiques et politiques.

Cependant, l’artiste revendique le coté éphémère de ses travaux: « ça me gène aussi quand ça reste de longs mois, des années, parce que c’est fait aussi pour passer dans la vie des gens, c’est pas fait pour rester ! ».

Une démarche citoyenne

Après plusieurs arrestations en flagrant délit, un propriétaire gagne un procès contre Miss Tic, qui est condamnée à 22 000 francs d’amende en 1999. 

L’artiste change alors de stratégie : elle demande les autorisations aux propriétaires des murs sur lesquels elle veut « pocher » .

Dans le 20arrondissement, elle négocie avec la mairie, les commerçants, les habitants pour imprimer cinquante pochoirs, une série intitulée Muses et Hommes : les dessins copient des fragments de tableaux de peintres célèbres. Dans le 5arrondissement, elle discute également avec les commerçants, qui donnent leur accord. Même chose à la Butte-aux-Cailles dans le 13ème arrondissement où elle y fera son terrain favori.

Depuis, on retrouve ses œuvres autant dans les galeries que sur les murs de Paris.

Une femme qui dénonce ses propres stéréotypes

Entre critique du système et défense du féminisme, elle a toujours fait de son œuvre un art au service d’une colère sociale et d’une conviction intime.

« J’ai utilisé comme modèle cette femme vue dans les médias comme la publicité, les magazines féminins, qui normalement est là pour vendre des produits. J’ai voulu lui faire dire quelque chose. » dit-elle.

Une renommée internationale

Miss Tic bénéficie dans les années 2000 d’une reconnaissance plus large, exposant dans plusieurs galeries (Art to be, galerie Perahia, galerie Bertheas, galerie Brugier Rigail…) et intéresse de grandes marques de mode, comme Kenzo ou Louis Vuitton avec qui elle collabora. 

Louis Vuitton lui demande un pochoir pour un carton d’invitation. La marque japonaise Comme des garçons édite un journal rétrospective, le styliste Kenzo fabrique un tee-shirt. Paul Personne tourne un clip près de ses œuvres.

En 2007, elle s’aventure même du côté du 7e art, en signant l’affiche du film La fille coupée en deux de Claude Chabrol.

Lors de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2011, La Poste émet des timbres reproduisant des œuvres de Miss.Tic.

Elle collabore avec la ville de Montpellier, avec qui elle conçoit en 2013 le design de la cinquième ligne de tramway.

Elle participe aux foires d’art contemporain à Venise ou encore, Miami. 

Miss.Tic a également décoré les murs d’Avignon et vendu son travail à la marque Ucar de location de véhicules utilitaires. 

Le Victoria and Albert Museum de Londres possède deux de ses estampes. 

Elle participe également à la Biennale de Venise 2006. 

De nombreux murs de Paris arboraient depuis plus de 35 ans ses illustrations impertinentes et politiques.

« Ses pochoirs devenus iconiques, résolument féministes, continueront longtemps à poétiser nos rues », a réagi sur Twitter la nouvelle ministre de la Culture, Rima Abdul Malak. 

Plus d’infos sur son parcours

L’artiste, plasticienne et poète passe son enfance à Paris entre Château-Rouge et le Sacré-Cœur, puis son adolescence à Orly dans les cités. 

La jeune fille commence à faire du théâtre de rue dans la compagnie Zéro de conduite. 

Elle étudie les travaux d’arts appliqués, se spécialisant dans le décor de théâtre, la maquette et la photogravure. 

En 1980, elle s’exile deux ans à Los Angeles et San Francisco, baigne dans le milieu punk mais confie avoir fait de mauvaises rencontres là-bas.

De retour à Paris, elle rencontre les artistes de la bande Ripolin et Vive la peinture qui sortent dans la rue, détournent les affiches, peignent les palissades. 

http://missticinparis.com/vivre-cest-de-la-bombe-lille-2021/

En 1985, elle se lance. Elle dessine un portrait d’elle à partir d’une photo sur un carton.

Le premier portrait d’elle est imprimé en noir et blanc sur le mur : jeune fille sage et élancée, les mains sur les genoux. Une déclaration, à côté de l’image : « Jenfile lart mur pour bombarder des mots cœurs. »

L’artiste pose son premier pochoir dans une rue du 14e arrondissement.

Sa première exposition remonte à 1989 avec le Fonds d’art contemporain de la ville de Paris. 

En 2005, elle expose à Londres au Victoria and Albert Musem puis en 2009 c’est dans le Musée Ingres Bourdelle (Montauban) qu’elle s’établit. 

En 2013, elle a l’opportunité d’exposer au Mucem de Marseille.

Continuez à découvrir sur le site Internet de Miss Tic.